Deux grands créateurs de mode sénégalais et leurs noms
Ils n’ont pas attendu que Paris leur déroule le tapis rouge : les créateurs sénégalais imposent leur tempo, loin des clichés, bien décidés à réécrire les codes de la mode mondiale. À Dakar, le style s’invente, se bouscule, se transmet, et s’exporte. Ici, les frontières ne sont qu’une étape de plus pour faire rayonner un art vestimentaire résolument contemporain.
Les distinctions internationales pleuvent, reflet d’une conversation permanente entre héritage et modernité. Les créations sénégalaises s’arrachent dans les capitales de la mode, propulsant le pays parmi les références actuelles de la scène vestimentaire.
Plan de l'article
La mode sénégalaise, un vivier de créativité et d’influences africaines
Impossible d’ignorer la mode sénégalaise : elle explose d’ingéniosité, trace sa route et s’impose parmi les fers de lance de la mode africaine. À Dakar, la Fashion Week métamorphose chaque année la ville, brassant créateurs confirmés et jeunes pousses en une énergie sans relâche. On reconnaît la patte sénégalaise à ce savant mélange entre racines et renouveau, chaque pièce incarnant un fragment d’histoire revisité à l’audace contemporaine.
Des tissus tels que le bazin, le wax ou les étoffes tissées main signent les collections et franchissent toutes les frontières, jusqu’aux tapis rouges internationaux. Derrière cette vitalité, des savoir-faire : teintures à la main, broderies complexes, coupes affûtées, rien n’est laissé au hasard. La couture sénégalaise, c’est une histoire de continuité, de partage, de transmission qui forge un style distinctif. Oumou Sy, en orchestrant la Semaine de la Mode de Dakar, et Collé Ardo Sow, pionnière de la formation, sont devenues les piliers de cette aventure. Les femmes, omniprésentes, dirigent, encadrent, entraînent toute une génération sur leur sillage.
Pour illustrer ce mouvement, on retient ces personnalités phares :
- Oumou Sy : avant-gardiste, directrice artistique, icône incontournable de la mode sénégalaise.
- Collé Ardo Sow : pédagogue, styliste, référence majeure pour l’émergence de nouveaux talents.
L’écho de la mode sénégalaise franchit largement les frontières nationales. Collections qui défilent dans le monde entier, collaborations avec des grands noms, vedettes internationales séduites par le style africain : le succès est difficile à ignorer. La route reste pavée d’obstacles,accès à la formation, fonds, structures, protection de la propriété intellectuelle,mais la communauté refuse de ralentir, animée par une volonté farouche de faire grandir le style africain à l’international.
Qui sont ces deux grands créateurs qui font rayonner le Sénégal ?
Dans le panorama de la mode sénégalaise, deux figures s’imposent. Deux chemins et une même détermination. D’un côté Oumou Sy, surnommée la “reine du bazin”, qui a posé les premiers jalons de la mode contemporaine du pays en lançant la Semaine de la Mode de Dakar. Sa maîtrise des textiles, ses créations flamboyantes, sa passion pour la broderie l’ont propulsée au rang de référence internationale et de pionnière respectée au-delà du Sénégal.
Face à elle, Collé Ardo Sow. Plus réservée sur la scène médiatique, mais tout aussi décisive, elle a bâti un sanctuaire pour la jeune création. Dans son atelier, tout se joue autour de la transmission : formation, accompagnement, tremplin pour les talents à venir. Elle collabore étroitement avec les artisans locaux, hisse le wax et le bazin au rang de symboles identitaires. Bien des créateurs aujourd’hui reconnus lui doivent leurs premiers pas.
On peut résumer ainsi leur influence décisive :
- Oumou Sy : pionnière, fondatrice de la Semaine de la Mode de Dakar.
- Collé Ardo Sow : mentore, cheffe de file de l’enseignement du stylisme au Sénégal.
Ces femmes illustrent cette force de la mode sénégalaise : préserver l’héritage tout en éclairant de nouveaux chemins, transmettre et réinventer sans cesse. Leur parcours condense tout un état d’esprit qui nourrit le secteur : lien entre générations, respect du passé sans renoncer à l’audace.

Styles, inspirations et marques à découvrir pour explorer la richesse de la mode africaine
L’actuelle scène créative de Dakar ne s’endort jamais. Les stylistes détournent le wax, jouent sur les volumes inédits, revisitent le bazin et donnent un rang de vedette au pagne tissé, désormais star des podiums. Une nouvelle génération fait irruption à chaque saison, portée par une soif de nouveauté et le goût du partage. On pense à des créatrices comme Sarah Diouf et sa maison Tongoro, menteuse de codes du prêt-à-porter africain, dont les collections réalisées à Dakar séduisent des figures de la musique et du cinéma mondial. Les productions restent locales, pensées pour voyager sur tous les continents.
Un autre nom émerge : Selly Raby Kane. Son univers, entre art visuel et couture, transforme le vêtement en manifeste. Ses défilés relèvent davantage du spectacle vivant que du simple show de mode. Dans cette mouvance, Adama Paris orchestre la Dakar Fashion Week et impose sa vision d’une Afrique plurielle, brassant tissus hérités et coupes avant-gardistes.
Voici quelques marques et ateliers qui méritent d’être connus, tant par leur démarche que leur créativité :
- Maison Daavi : ambassadrice de l’artisanat local, produits sur-mesure et démarche éthique et durable.
- BAAX Studio, Imaara Jewelry, Bouswari, Bobo by Sag : autant de labels qui explorent à leur manière le dialogue entre tradition et innovation, chacun apportant une singularité supplémentaire à la scène sénégalaise.
L’influence portée par la mode africaine ne s’arrête pas là. Des maisons comme Imane Ayissi à Paris, Orange Culture au Nigeria, Thebe Magugu en Afrique du Sud ou Hanifa qui rayonne depuis New York, composent un écosystème où l’audace, l’inclusivité et la fusion des formes et des idées s’affichent sans complexe. Afrofuturisme, hybridations textiles, collaborations avec des artistes : le paysage se renouvelle à chaque saison, affirmant un continent imprévisible et bouillonnant de créativité.
Dakar n’en finit pas de surprendre et d’inspirer. Et la vague sénégalaise, portée par ses figures et ses anonymes, n’a sans doute pas fini d’atteindre de nouveaux rivages.