Les sweats à capuche, une tendance mode des années 90
En 1993, l’administration de certains lycées américains interdit l’accès à l’établissement aux élèves portant des sweats à capuche. La pièce entre alors dans une zone grise, oscillant entre vêtement utilitaire et symbole de défiance.
Malgré la méfiance institutionnelle, des marques et des artistes s’emparent du vêtement, le propulsant dans la culture populaire. La diffusion s’accélère, mettant à mal les frontières entre sport, rue et mode.
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Des origines médiévales au vestiaire urbain : le parcours inattendu du sweat à capuche
La capuche ne date pas d’hier. D’abord, il s’agissait simplement d’un accessoire pratique, porté par des moines ou des travailleurs des champs au Moyen Âge. Rien d’ostentatoire, rien qui ne fasse tourner les têtes. Pourtant, dès cette époque, rabattre sa capuche, c’était choisir l’isolement, la discrétion, parfois l’anonymat. Avant tout, une affaire de fonction.
Au fil du temps, la capuche migre, s’adapte, traverse les époques jusqu’aux ateliers industriels de New York dans les années 1930. C’est là que Champion, pionnier du sweat shirt, équipe les ouvriers frigorifiés. Très vite, le sweat à capuche prend ses quartiers chez les sportifs : boxeurs, coureurs, basketteurs s’en emparent pour s’échauffer ou se concentrer, hors du regard du public. Le vêtement se fait alors passerelle entre l’ombre et la lumière.
Dans les années 1970, la rue s’empare du sweat à capuche. Les crews de breakdance, les graffeurs, les skateurs en font leur uniforme. Désormais, il brouille toutes les pistes entre sport et mode de vie. Les sweats s’imposent dans les cours de récré, s’invitent sur grand écran, affichent fièrement logos et slogans. La mode s’en empare. Le sweat à capuche devient une icône, marque de fabrique d’une jeunesse en quête de confort, de liberté tranquille, d’un peu de révolte aussi.
Années 90 : pourquoi le hoodie devient-il un phénomène de mode incontournable ?
Les années 90. New York, Paris, Tokyo : la culture hip-hop explose et avec elle, le sweat à capuche quitte la marge pour s’afficher partout. On le voit dans les clips, sur les terrains de basket, dans les couloirs des lycées. Au cinéma, Sylvester Stallone l’immortalise dans Rocky : capuche rabattue, sueur, volonté d’aller jusqu’au bout. L’image s’imprime dans les esprits et propulse le hoodie au rang de mythe.
À ce moment-là, le sweat à capuche se nourrit de toutes les contradictions de la décennie : il offre du confort mais incarne aussi une forme de provocation, il permet de se fondre dans la foule tout en arborant des logos voyants. Tommy Hilfiger, Ralph Lauren et d’autres grands noms flairent la tendance et transforment ce vêtement d’initiés en produit phare. Le hoodie devient alors un signe de ralliement, un accessoire identitaire à part entière.
Voici comment la tendance s’impose concrètement :
- En France, le hoodie s’installe dans la rue, sur les bancs d’université, glissé sous une veste ou un manteau oversize.
- Le look des années 90 se construit autour du jean ample, du sweat à capuche, des baskets montantes.
- Ce vêtement ne se contente plus de couvrir : il affirme une posture, revendique parfois une résistance, souvent une appartenance à un groupe.
La tendance s’étend à coups de clips, magazines et séries télé. On porte le sweat à capuche en version ample, à motifs ou uni, zippé ou non, seul ou superposé. Les créateurs s’en servent comme terrain d’expérimentation, jouant sur les matières, les coupes, les associations inattendues avec des accessoires ou des vestes. Le hoodie, c’est l’attitude des années 90 : entre affirmation et liberté de mouvement.
Le sweat à capuche aujourd’hui : entre nostalgie, style et envie de le porter au quotidien
Le sweat à capuche ne s’est pas figé dans l’album souvenirs des années 90. Aujourd’hui, il s’impose dans le vestiaire contemporain avec un détachement parfaitement calculé. Sur les podiums, dans la rue, jusque sur les réseaux sociaux, il se décline à l’infini. Les créateurs l’interprètent à leur façon, jouent avec les tissus, les volumes, les couleurs. Les maisons de luxe s’en emparent, l’associent à une robe slip dress ou à un pantalon de costume pour mieux brouiller les pistes. Le hoodie croise désormais le jean large, le manteau long ou même le short cycliste.
Parfois, c’est la nostalgie qui guide le choix. Le sweat à capuche évoque un parfum de hip-hop, rappelle les films cultes des années 90, l’insouciance du skate ou des campus américains. Pourtant, il ne se contente pas de rejouer le passé. Dans les open spaces, il côtoie gilets et combinaisons-pantalons. Sur les podiums, il se marie audacieusement à une robe combinaison ou une jupe plissée.
Voici ce qui caractérise le hoodie d’aujourd’hui :
- Il sait conjuguer confort et style, sans jamais sacrifier l’un pour l’autre.
- Il traverse les générations, adopté à la fois par ceux qui l’ont vu naître et ceux qui le réinventent.
- Il reste un symbole fort, parfois même un argument engagé, comme l’a montré l’affaire Trayvon Martin aux États-Unis.
Le sweat à capuche s’invite dans tous les vestiaires, dépasse les saisons, se porte sous une veste de tailleur, s’accorde aussi bien à des baskets qu’à des bottines. Qu’il soit oversize ou ajusté, classique ou éclatant, il reste le terrain de jeu favori des stylistes et des amateurs de mode. Une pièce qui, décidément, ne cesse de se réinventer.